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Nicolas Cantu 2026-03-15 14:42:17 +01:00
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ia_dev

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Subproject commit f0be20f2048f9d70ae9a625d77ce402cd54d914f Subproject commit f463e5f1a72c38bbe3a760e733bd92a0329d4594

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@ -38,7 +38,7 @@ Barnabé se crispa brusquement, ses ventouses serrant le tissu de la manche. Une
Barnabé sortit deux bras de la manche et tapota son poignet, puis tira légèrement vers la droite. Éon hésita, puis suivit la traction. Barnabé battit une seconde fois, puis une troisième. Éon posa le pied après chaque tapotement. Il ne voyait pas de chemin. S'il ne retrouvait pas la grille, s'il ne tenait pas sa promesse, tout partirait dans le tremblé. Il posa le pied au premier tapotement, puis au second ; le sol tint. Plus il répétait le même pas, régulier, à la cadence des tapotements, plus la vibration diminuait juste là où il venait de poser le pied, le rythme gelant un peu de terrain à chaque fois. Barnabé sortit deux bras de la manche et tapota son poignet, puis tira légèrement vers la droite. Éon hésita, puis suivit la traction. Barnabé battit une seconde fois, puis une troisième. Éon posa le pied après chaque tapotement. Il ne voyait pas de chemin. S'il ne retrouvait pas la grille, s'il ne tenait pas sa promesse, tout partirait dans le tremblé. Il posa le pied au premier tapotement, puis au second ; le sol tint. Plus il répétait le même pas, régulier, à la cadence des tapotements, plus la vibration diminuait juste là où il venait de poser le pied, le rythme gelant un peu de terrain à chaque fois.
Son pied buta contre quelque chose de ferme. Il saccroupit et posa la main dessus. Une racine épaisse traversait le sol, sa surface rugueuse et solide sous ses doigts, senfonçant profondément dans la terre. Barnabé se colla dessus aussitôt ; trois ventouses adhérèrent avec un petit bruit humide. La couleur de sa peau changea, devenant plus dense, plus stable. Là où sa main reposait, lespace cessait de trembler, les arbres reprenaient une place précise et le sol retrouvait une direction. Il serra la racine qui résistait, et cette résistance le rassura. Son pied buta contre quelque chose de ferme. Il saccroupit et posa la main dessus. Une racine épaisse traversait le sol, sa surface rugueuse et solide sous ses doigts, senfonçant profondément dans la terre. Barnabé se colla dessus aussitôt ; trois ventouses adhérèrent avec un petit bruit humide. La couleur de sa peau changea, devenant plus dense, plus stable. Là où sa main reposait, lespace cessait de trembler, les arbres reprenaient une place précise et le sol retrouvait une direction. Il serra la racine qui résistait ; ses doigts s'ancrèrent dans l'écorce.
Barnabé décolla une ventouse et la posa un peu plus loin, puis encore une autre, laissant de petits cercles humides marqués sur lécorce sombre. Éon les observa attentivement : les marques demeuraient en place. Il posa sa main à côté et appuya fort ; en la retirant, il vit lempreinte de sa paume dans la poussière qui persistait elle aussi. Il suivit des yeux la ligne des ventouses, puis posa son pied sur la première marque. Le sol tint. Avec la pointe d'un caillou, il grava au bord de la racine quatre marques très courtes : trois alignées, une légèrement décalée. Barnabé posa une ventouse sur la première, puis tapota son poignet une fois. Éon rangea le caillou et effleura les quatre marques du doigt avant de repartir. Barnabé décolla une ventouse et la posa un peu plus loin, puis encore une autre, laissant de petits cercles humides marqués sur lécorce sombre. Éon les observa attentivement : les marques demeuraient en place. Il posa sa main à côté et appuya fort ; en la retirant, il vit lempreinte de sa paume dans la poussière qui persistait elle aussi. Il suivit des yeux la ligne des ventouses, puis posa son pied sur la première marque. Le sol tint. Avec la pointe d'un caillou, il grava au bord de la racine quatre marques très courtes : trois alignées, une légèrement décalée. Barnabé posa une ventouse sur la première, puis tapota son poignet une fois. Éon rangea le caillou et effleura les quatre marques du doigt avant de repartir.
@ -59,7 +59,7 @@ Il atteignit une bifurcation plus large où trois sillons partaient dans des dir
Il jeta un regard en arrière vers les deux autres sillons, toujours là, ouverts. Son pas glissa légèrement quand il tenta de revenir en arrière ; le sillon le ramena à sa trajectoire. Le sillon tenait son pas, et les deux autres sillons restaient derrière lui. Il jeta un regard en arrière vers les deux autres sillons, toujours là, ouverts. Son pas glissa légèrement quand il tenta de revenir en arrière ; le sillon le ramena à sa trajectoire. Le sillon tenait son pas, et les deux autres sillons restaient derrière lui.
Les sphères hésitaient aux bifurcations, puis choisissaient une voie. Les sillons se multipliaient sous ses pieds, se croisant, se rejoignant. Il avançait plus vite sans réfléchir à chaque pas. Il s'arrêta pourtant dans un petit espace entre deux lignes, là où la terre était encore mate. Il posa un caillou au sol, juste devant lui, puis fit glisser la pointe sur la terre, toujours au même endroit. La première trace fut mince ; un souffle passa entre les troncs et la recouvrit presque aussitôt de poussière et de feuilles. Il allait abandonner quand Barnabé tapota son poignet une fois, deux fois, trois fois. Alors Éon recommença, trois fois aussi, en répétant le même geste. À la troisième, la trace devint plus nette. Une peau de verre très fine apparut juste sous la surface. Éon recula dun pas, surpris. Barnabé posa une ventouse sur ce nouveau trait et glissa dessus ; le mouvement était plus simple, plus sûr. Un petit chemin clair apparut, assez solide pour guider un pas. Il y posa le pied. La terre alentour devint grisâtre et froide. Le sillon resta net sous sa semelle. En franchissant le nouveau sillon, Éon cligna de l'œil droit. Barnabé posa une ventouse sur sa paume, puis une autre, en rythme. Barnabé battit une fois sur son poignet et Éon poursuivit, attentif à la manière dont le sol guidait son pas. Les sphères hésitaient aux bifurcations, puis choisissaient une voie. Les sillons se multipliaient sous ses pieds, se croisant, se rejoignant. Il avançait plus vite sans réfléchir à chaque pas. Il s'arrêta pourtant dans un petit espace entre deux lignes, là où la terre était encore mate. Il posa un caillou au sol, juste devant lui, puis fit glisser la pointe sur la terre, toujours au même endroit. La première trace fut mince ; un souffle passa entre les troncs et la recouvrit presque aussitôt de poussière et de feuilles. Il allait abandonner quand Barnabé tapota son poignet une fois, deux fois, trois fois. Alors Éon recommença, trois fois aussi, en répétant le même geste. À la troisième, la trace devint plus nette. Une peau de verre très fine apparut juste sous la surface. Éon recula dun pas, surpris. Barnabé posa une ventouse sur ce nouveau trait et glissa dessus ; le mouvement était plus simple, plus sûr. Un petit chemin clair apparut, assez solide pour guider un pas. Il y posa le pied. La terre alentour devint grisâtre et froide. Le sillon resta net sous sa semelle. En franchissant le nouveau sillon, Éon cligna de l'œil droit. Barnabé posa une ventouse sur sa paume, puis une autre, en rythme. Barnabé battit une fois sur son poignet et Éon poursuivit, le pied suivant le creux du sillon.
## Chapitre 3 : La boue se souvient ## Chapitre 3 : La boue se souvient
@ -71,7 +71,7 @@ Barnabé s'arrêta au bord d'une empreinte et posa plusieurs ventouses côte à
Sur une pierre plate, à l'orée de la cuvette, Éon aperçut des lettres à demi effacées. Il ne put en lire qu'une partie : **K_U**. La boue recouvrait le reste. La grande silhouette poursuivait sa progression à distance. Derrière elle, un chemin large se formait, utilisable par quiconque voudrait le suivre. Elle ne se retourna pas, n'aida pas ; elle avançait, et sa trace offrait un choix à chaque traversée : suivre, dépasser, ou bifurquer. Il hésita un instant : devait-il rester dans les traces de lautre ou continuer à former les siennes ? Barnabé battit un rythme sur son poignet. Éon utilisa parfois lempreinte existante pour traverser les zones les plus instables, puis créa sa propre suite de pas lorsquil trouvait un terrain plus sûr. Sur une pierre plate, à l'orée de la cuvette, Éon aperçut des lettres à demi effacées. Il ne put en lire qu'une partie : **K_U**. La boue recouvrait le reste. La grande silhouette poursuivait sa progression à distance. Derrière elle, un chemin large se formait, utilisable par quiconque voudrait le suivre. Elle ne se retourna pas, n'aida pas ; elle avançait, et sa trace offrait un choix à chaque traversée : suivre, dépasser, ou bifurquer. Il hésita un instant : devait-il rester dans les traces de lautre ou continuer à former les siennes ? Barnabé battit un rythme sur son poignet. Éon utilisa parfois lempreinte existante pour traverser les zones les plus instables, puis créa sa propre suite de pas lorsquil trouvait un terrain plus sûr.
Peu à peu, les passages s'accumulaient. Des creux, des aplatis, des traces de ventouses et de semelles parcouraient la cuvette. En revenant sur ses premiers pas, il constata quils restaient visibles et qu'il pouvait reprendre exactement le même trajet sans chercher longtemps. Il sarrêta et observa la zone parcourue : les grandes empreintes, les petites marques rondes de Barnabé et ses propres pas formaient un réseau de repères. Barnabé se hissa à nouveau sur son poignet, ses couleurs stables. Éon se remit en route, attentif à la manière dont chaque appui modifiait la surface. Peu à peu, les passages s'accumulaient. Des creux, des aplatis, des traces de ventouses et de semelles parcouraient la cuvette. En revenant sur ses premiers pas, il constata quils restaient visibles et qu'il pouvait reprendre exactement le même trajet sans chercher longtemps. Il sarrêta et observa la zone parcourue : les grandes empreintes, les petites marques rondes de Barnabé et ses propres pas formaient un ensemble de repères. Barnabé se hissa à nouveau sur son poignet, ses couleurs stables. Éon se remit en route, en sentant la surface répondre sous chaque pas.
## Chapitre 4 : La colline danse ## Chapitre 4 : La colline danse
@ -125,7 +125,7 @@ La forme bougea légèrement.
Il chercha autour de lui un passage étroit entre deux rochers. Lespace était réduit et la surface irrégulière. Il hésita un instant, puis retira son sac et lajusta plus près de son dos, repliant légèrement les épaules pour sengager dans louverture. Barnabé saplatit contre son bras, épousant la courbure du passage, et ensemble ils franchirent lespace sans difficulté. De lautre côté, Éon se redressa et remit son sac en place. Il regarda ses mains, encore couvertes de poussière claire. Il secoua légèrement les mains et poursuivit. Il chercha autour de lui un passage étroit entre deux rochers. Lespace était réduit et la surface irrégulière. Il hésita un instant, puis retira son sac et lajusta plus près de son dos, repliant légèrement les épaules pour sengager dans louverture. Barnabé saplatit contre son bras, épousant la courbure du passage, et ensemble ils franchirent lespace sans difficulté. De lautre côté, Éon se redressa et remit son sac en place. Il regarda ses mains, encore couvertes de poussière claire. Il secoua légèrement les mains et poursuivit.
Il observa de nouveau les formes souples de la clairière : chacune se modifiait au contact dun support, puis conservait une partie de cette adaptation lorsquelle se déplaçait ailleurs. Barnabé reprit peu à peu sa texture habituelle, tout en gardant une adhérence plus sûre sur la peau dÉon. Éon se remit en route, attentif à la manière dont son propre corps pouvait s'ajuster. Lorsqu'il posa la main sur un tronc pour contourner une racine, ses doigts épousèrent les creux de l'écorce ; la prise s'améliora aussitôt. Barnabé se recolla à son poignet, stable et attentif, tandis quils senfonçaient vers la partie suivante du bois. Il observa de nouveau les formes souples de la clairière : chacune se modifiait au contact dun support, puis conservait une partie de cette adaptation lorsquelle se déplaçait ailleurs. Barnabé reprit peu à peu sa texture habituelle, tout en gardant une adhérence plus sûre sur la peau dÉon. Éon se remit en route. Lorsqu'il posa la main sur un tronc pour contourner une racine, ses doigts épousèrent les creux de l'écorce ; la prise s'améliora aussitôt. Barnabé se recolla à son poignet, stable et attentif, tandis quils senfonçaient vers la partie suivante du bois.
## Chapitre 7 : La poussière dorée ## Chapitre 7 : La poussière dorée
@ -222,7 +222,7 @@ Les fils pouvaient bouger, mais le croisement devait tenir. Éon posa la main pr
Éon regarda autour de lui. Les fils formaient des chemins suspendus entre les arbres. Certains rejoignaient des zones déjà traversées : la colline, la cuvette, la clairière circulaire. Barnabé retira une ventouse et la reposa plus fermement. Éon prit le fil entre deux doigts et le tira légèrement dans laxe du nœud. La résistance augmenta, puis se stabilisa. La vibration devint plus uniforme. Il répéta le geste sur un second croisement plus loin, avec davantage dassurance. Chaque ajustement modifiait léquilibre général. Éon regarda autour de lui. Les fils formaient des chemins suspendus entre les arbres. Certains rejoignaient des zones déjà traversées : la colline, la cuvette, la clairière circulaire. Barnabé retira une ventouse et la reposa plus fermement. Éon prit le fil entre deux doigts et le tira légèrement dans laxe du nœud. La résistance augmenta, puis se stabilisa. La vibration devint plus uniforme. Il répéta le geste sur un second croisement plus loin, avec davantage dassurance. Chaque ajustement modifiait léquilibre général.
À mesure qu'il avançait sous la voûte de fils, les vibrations se répartissaient sans bloquer le passage. Les fils vibraient partout. Aux croisements, ça tenait. À un moment, il remarqua un croisement presque défait où les fils glissaient les uns contre les autres sans point fixe, rendant la vibration confuse. Il hésita, puis posa ses deux mains autour du croisement et resserra lentement lassemblage en suivant la direction des fils. La tension se répartit immédiatement et le réseau retrouva une cohérence perceptible. Barnabé frappa légèrement son poignet. Éon resta quelques instants sous la voûte, à écouter la vibration générale. Quand il quitta la zone, le bois s'ouvrait plus loin vers une silhouette plus massive, comme une limite construite. Éon s'y dirigea. À mesure qu'il avançait sous la voûte de fils, les vibrations se répartissaient sans bloquer le passage. Les fils vibraient partout. Aux croisements, ça tenait. À un moment, il remarqua un croisement presque défait où les fils glissaient les uns contre les autres sans point fixe, rendant la vibration confuse. Il hésita, puis posa ses deux mains autour du croisement et resserra lentement lassemblage en suivant la direction des fils. La tension se répartit immédiatement et le réseau retrouva une cohérence perceptible. Barnabé frappa légèrement son poignet. Éon resta quelques instants sous la voûte, à écouter la vibration générale. Quand il quitta la zone, le bois s'ouvrait plus loin vers une silhouette massive dressée à l'horizon. Éon s'y dirigea.
## Chapitre 13 bis : Le trône vide ## Chapitre 13 bis : Le trône vide