Introduction Le chapitre précédent a établi un cadre minimal : un espace de configurations, des contraintes d’admissibilité, et une famille de transformations qui induit une dynamique (éventuellement discrète) sur cet espace. Le présent chapitre introduit la contrainte formelle suivante : l’itération, combinée à une forme de finitude (globale ou locale), entraîne nécessairement la réapparition d’états, puis l’entrée dans des régimes cycliques. Cette conséquence ne dépend ni d’une interprétation physique ni d’une hypothèse finaliste : elle résulte d’un fait combinatoire élémentaire, puis d’une lecture dynamique. ## Itération comme contrainte première On se donne un ensemble de configurations admissibles (X) et une transformation admissible [ f: X \to X, ] déterministe (pour simplifier l’exposé ; les extensions stochastiques seront distinguées plus loin). Une trajectoire issue d’un état initial (x_0 \in X) est la suite [ x_0,; x_1=f(x_0),; x_2=f(x_1)=f^{(2)}(x_0),; \dots,; x_t=f^{(t)}(x_0). ] L’itération n’est pas un détail de mise à jour : elle constitue une contrainte ontologique minimale dès lors qu’un univers (au sens abstrait) doit “se poursuivre”, c’est-à-dire produire un état suivant à partir de l’état présent. En ce sens, l’itération impose l’existence d’orbites ({f^{(t)}(x_0)}_{t\ge 0}) et rend inévitable la question de leur structure globale. Deux remarques disciplinaires encadrent la suite. Premièrement, l’itération n’implique pas le temps comme primitive. Il s’agit d’un index d’étapes, qui ne présuppose aucune métrique temporelle ; la reconstruction d’une flèche temporelle sera traitée plus tard, comme conséquence supplémentaire (chapitre 4 du plan). Deuxièmement, l’itération ne suppose pas non plus l’existence d’une quantité conservée, d’une énergie, ni d’une notion de coût. Ici, l’objet est strictement : “que devient une suite (x_{t+1}=f(x_t)) sous des hypothèses minimales sur (X) ?”. ## Finitude globale : répétition nécessaire par combinatoire On suppose d’abord que (X) est fini, de cardinal [ |X| = N, ] avec (N) entier strictement positif. Considérons les (N+1) premiers termes d’une trajectoire : [ x_0, x_1, \dots, x_N. ] Ces (N+1) éléments appartiennent tous à (X) qui ne contient que (N) éléments. Par le principe des tiroirs (pigeonhole), deux indices (0 \le i < j \le N) existent tels que [ x_i = x_j. ] Cette égalité entraîne immédiatement un régime périodique à partir de (i). En effet, comme (f) est déterministe, l’état (x_i) engendre un unique successeur (x_{i+1}), donc l’égalité (x_i=x_j) impose [ x_{i+1}=f(x_i)=f(x_j)=x_{j+1}, ] et par récurrence [ x_{i+k}=x_{j+k}\quad \text{pour tout }k\ge 0. ] Ainsi, la trajectoire entre (i) et (j-1) se répète avec une période [ p = j-i,\quad 1 \le p \le N. ] Calcul détaillé (borne de répétition dans le cas fini) Paramètre : (N = |X|) Suite considérée : ((x_t)*{t\ge 0}) avec (x*{t+1}=f(x_t)) Nombre d’états examinés : (N+1) états (x_0,\dots,x_N) Principe : (N+1) objets dans (N) classes (\Rightarrow) collision (x_i=x_j) Conclusion : entrée en cycle au plus tard à l’étape (N), avec période (p=j-i\le N) Ce résultat est strictement mathématique : il ne requiert aucune hypothèse de “dissipation”, d’“optimisation” ou de “tendance”. Il exprime une nécessité : l’itération sur un ensemble fini force une récurrence, donc une périodicité après un transitoire. Une formulation équivalente (utile pour la suite) consiste à représenter ((X,f)) comme un graphe orienté fonctionnel : chaque (x\in X) a exactement une arête sortante vers (f(x)). La structure de tels graphes est complètement caractérisée : chaque composante connexe contient exactement un cycle dirigé, et des arbres dirigés (arborescences) alimentent ce cycle. Toute orbite finit par tomber sur le cycle de la composante. L’“attracteur” au sens discret (point fixe ou cycle) apparaît donc déjà comme un fait de combinatoire structurale, avant toute notion d’attraction métrique. Ce point est cohérent avec une formulation interne déjà utilisée ailleurs dans la base : l’itération d’une application sur un espace discret fini converge nécessairement vers un cycle après un nombre fini d’étapes, précisément parce que “toute trajectoire finit par répéter un état” (propriété structurelle). ## Distinction entre répétition et invariance La conséquence “il existe une répétition” ne doit pas être confondue avec “il existe une invariance”. Répétition (récurrence) Il existe (i